Yoann Conte : Cette enfance heureuse qui a tout déclenché

Chef Yoann Conte

Avec deux étoiles dans l'édition 2013 du Guide Michelin, Yoann Conte a trouvé la récompense de son talent. Il en est simplement heureux lui qui affirme que l'envie de cuisiner tient à ses souvenirs de gosse. Lorsque ses grands-mères lui ont fait comprendre que manger pouvait être un simple bonheur.

Il y eut donc Mamy Prat, son aïeule bretonne qui lui a fait découvrir les vertus des produits de la pêche. Et Jacqueline Conte, l'aïeule normande, qui l'a promené dans son jardin et donné l'envie de goûter. Et aussi l'arrière grand-mère Berthe, la Lorraine, dont il aimait les bons petits plats.

Tout simplement. « Je leur doit beaucoup car avec des parents hôteliers, elles m'ont beaucoup gardé avec amour et tendresse. J'ai été marqué par le goût des choses et le temps passé dans leurs pattes, en cuisine. Ma cuisine vient de là et sort de moi. Quand je vois un gamin cueillir une tomate dans le petit jardin que j'ai fait face au lac, je suis heureux » confesse celui qui a fait ses gammes essentiellement auprès de Didier Oudill, de Philippe Braun au « Laurent » et de Marc Veyrat. Il a rencontré ce dernier de retour d'une escapade à vingt et un ans, à New York où, de son propre aveu, « il s'est accroché ».

Sa cuisine se nourrit de son parcours. « Tout cela revient, comme après une amnésie » dit le Breton émotif qui n'aime rien tant que de « retranscrire des souvenirs d'enfance » et juge primordial de « transmettre des émotions ».

Chef Yoann Conte

L'enfance ? Le riz au lait de la grand-mère qui devient, sous sa patte, une polenta au caramel au beurre salé qui fait retourner en enfance les clients de son restaurant !

L'enfance ? Des goûts et des odeurs qui guident sa démarche aujourd'hui. Une démarche qu'il veut simple et peu policée. « « J'ai horreur de l'esthétique » dit Alain Passard et je partage ce sentiment. Je n'aime pas les choses quand c'est artificiel. J'ai toujours aimé l'art mais pas l'esthétisme pour l'esthétisme. Je ne suis pas là pour faire des choses formatées. La nature donne ce qu'elle peut et c'est au cuisinier de s'adapter car travailler avec l'environnement me paraît naturel. »

Sa cuisine ? « Un parcours de vie avec des échanges primordiaux. J'ai toujours aimé les mariages terre et mer. Je travaille en cohérence avec la Savoie, les voisins italiens. Je travaille pour la liberté (sic) et je m'efforce d'être toujours conscient du bonheur que j'ai et que je vis avec Élodie ma compagne et nos deux enfants Eileen et Ylan レビトラ – メディゾンストアー » confesse celui qui s'octroie rarement des temps de pause dans sa passion…

« Oublier la cuisine ? C'est très difficile en fait car c'est obsessionnel. Je ne veux pas tomber dans une cuisine figée alors j'y pense tout le temps ».

https://www.youtube.com/watch?v=-2ec8Y5dT3k

Mais pour oublier, parfois ? « C'est assez primaire. Ce sera le vélo et la marche en montagne. Dans la vie il faut profiter des moments, privilégier le bon que ça se passe à table ou ailleurs. Il faut comprendre ce que l'on a et en être toujours conscient » professe celui qui entend bien aller au sommet, avec les remises en cause permanentes que cela suppose !

Au sommet ? Tiens donc. « Les exutoires remettent à niveau. Quand je suis sur la montagne, que je grimpe au sommet du Mont Blanc, j'éprouve la satisfaction d'avoir accompli quelque chose. »

Chef Yoann Conte

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