Thibaut Ruggeri,
L’Abbaye de Fontevraud

La cuisine de Ruggeri
Chef Thibaut Ruggeri

En janvier 2013 à Lyon, à 33 ans, il a vécu le moment le plus fort de sa (jeune) carrière de cuisinier : en remportant le Bocuse d'Or, il est entré dans la légende de ce prestigieux concours culinaire.

Un an plus tard, il quittait le Groupe Lenôtre pour une première expérience de chef de cuisine à l'Abbaye de Fontevraud dans le Maine-et-Loire.

La cuisne de Ruggeri

-) Lyon en 2013 : une sacrée aventure. Est-elle digérée aujourd'hui ?

« Curieusement non ! Entre la préparation, la finale et la victoire deux années très denses dont on me parle encore. Et personnellement, je n'ai pas tout fini de mettre à plat ! A l'annonce du résultat, personne ne m'a reconnu : mon cerveau a tilté (sic).

Il y a encore des informations et des émotions et la sensation que je n'ai pas tout digéré. Il y a donc encore un gros morceau en cours de digestion (sic). C'est réjouissant cependant et j'ai tout vécu comme le résultat d'un travail d'équipe. Mais la médiatisation qui entoure tout cela est malgré tout un peu perturbante ou plutôt étonnante : je n'ai pas faite le concours pour ça.

Nous sommes sept français à l'avoir emporté et j'ai retrouvé les mêmes émotions chez chacun, à plus forte raison en étant vainqueur après avoir intégré ce Team France chargé d'émotions ».

 « Promouvoir le savoir-vivre à la française auprès du plus grand nombre »

-) Qu'est-ce qui a motivé votre changement de parcours ? N'auriez-vous pas pu rester chez Lenôtre ?

« Le Bocuse d'Or est un gros morceau de ma vie qui touche à la fois le conscient et l'inconscient. Avant même d'entrer chez Lenôtre en 2007, et après mon passage chez Taillevent, j'avais envie de prendre ma première place de chef. Le Bocuse d'Or a bouleversé mon parcours et mon « nouveau format » ne m'intéressait pas. Le cœur n'y était plus et j'ai eu la proposition de venir à Fontevraud au bon moment, celui où j'avais envie de changer.

Aujourd'hui je suis le plus heureux du monde ! J'ai un restaurant comme celui que j'imaginais avec l'art, l'esthétique, le patrimoine. J'ai recruté à l'ANPE, j'ai pris des gens en situation de handicap et ce schéma fonctionne sans être forcément dans les normes ».

Ambiance de l'Abbaye de Fotervaud

-) Est-ce à dire que celui qui vient s'attabler chez vous va vivre une « expérience unique » ?

« Je le souhaite et je l'espère ! C'est un gros bateau, un gros enjeu et j'en attends tellement… Mais il n'y a aucune sclérose, aucune frayeur et une parfaite harmonie avec le Directeur Général David Martin qui a la même vue des choses. L'idée ici est de promouvoir le savoir-vivre à la française et le rendre accessible au plus grand nombre. C'est une clientèle mixée et il ne faut pas se couper du reste du territoire. On arrive ici, on est dans un autre univers et tout change. J'espère simplement qu'un jour, une étoile viendra se poser ici. C'est important économiquement et pour l'équipe »…

Chambre de l'Abbaye

Fontevraud l'Hôtel (Prieuré Saint-Lazare)
38 rue Saint-Jean de l'Habit
49590 Fontevraud-L'Abbaye
02 46 46 1010
www.hotel-fontevraud.com

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