Virginie BasselotMeilleur Ouvrier de France cru 2015

Candidats et jurys Finale MOF 2015 (c) Maurice Rougemont
Virginie Basselot MOF 2015

Femme, je vous aime !

Et de deux ! Il n'y avait jusqu'à ce jour de février 2015 qu'une femme cuisinière pouvant revendiquer le titre de l'un des Meilleurs Ouvriers de France. Andrée Rosier couronnée en 2007 à Thonon-les-Bains a été rejointe dans la « grande famille » par Virginie Basselot couronnée à Lyon parmi huit lauréats.

« La deuxième femme MOF ? Je n'ai pas pensé à tout ça lorsque mon nom a été prononcé. J'étais simplement heureuse et émue en pensant que j'avais eu raison de suivre ce que j'avais vu auparavant et qu'il était évident pour moi de continuer » dit-elle sobrement.

Cuisinière Virginie ? Ce n'est pas sa première idée lorsqu'elle est en âge de choisir un métier. Elle se voit bien pilote de chasse mais, dans son entourage, on la dissuade de suivre cette voie qui n'est pas forcément pour une femme.

Elle fait alors contre mauvaise fortune bon cœur et son père, cuisinier au Clos Saint-Julien une petite auberge près de Pont l'Évêque, montre le chemin à cette native de Deauville.

Virginie Basselot MOF 2015

« J'ai grandi dans cet univers et étant toujours avec mes parents, cela me semblait facile. Et il y avait cet esprit d'équipe qui me séduisait » explique Virginie qui, adolescente, débute son apprentissage en salle avec le souci « de faire plaisir aux clients ».

Elle se prend ensuite de passion pour la cuisine et n'en démordra plus. En 1998, à 19 ans, elle débarque à Paris et quelques rencontres la confortent dans son choix.

La voilà à l'Hôtel de Crillon où elle doit se battre pour imposer sa place en cuisine. « On prédisait que je ne tiendrai pas plus de quinze jours et je suis restée un an et demi ». Auprès de Dominique Bouchet elle consolide les bases acquises lors de ses études et se frotte à tous les points de vente.

C'est ensuite le Grand Vefour, institution parisienne alors triplement étoilée où Guy Martin joue résolument la carte de l'avant-garde en cuisine. « J'ai découvert un autre univers, des associations étonnantes et les voyages au Japon où le Chef allait plusieurs fois par an, étaient un constant émerveillement. »

C'est enfin le Bristol où elle est directement embauchée « chef de partie garde-manger » dans une grosse brigade de palace. Eric Fréchon dirige la manœuvre assisté par le précieux Franck Leroy. Sur leur veste, tous deux arborent le col « bleu-blanc-rouge » de Meilleur Ouvrier de France et cela donne forcément des idées à Virginie.

« Eric Fréchon incarne la rigueur comme je ne l'avais jamais vue ailleurs. C'était formidable de travailler avec un tel cuisinier ».

Tout en grimpant dans la hiérarchie culinaire, elle se prépare à ce concours sous la houlette de ses deux « mentors ». Une première participation en finale ne lui permet pas de gagner, mais elle récidive.

« J'y ai passé neuf années merveilleuses mais j'aurais pu rester encore de longues années au Bristol mais j'ai pensé qu'il était temps de changer, de faire ma cuisine et je suis donc partie » dit-elle. C'est au Saint-James, mythique établissement de l'Ouest parisien auquel elle s'attache à redonner son lustre d'antan. C'est chose faite puisqu'arrivée en 2012 avec des idées bien précises de ce qu'elle voulait réaliser, elle décroche l'étoile au Guide Michelin deux ans plus tard. « Une divine surprise » à l'en croire.

Elle n'entend pourtant pas s'arrêter en si bon chemin et planche à nouveau sur ce concours qui lui tient à cœur.   À Lyon, ils sont 32 en finale dont deux femmes (NDLR : outre Virginie, Stéphanie Le Quellec gagnante de la deuxième saison de Top'Chef). Ils seront 8 lauréats à l'arrivée dont une femme.

Virginie donc. grandepharmacie24.com

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