Hermance CarroL’évidence du choix de devenir cuisinière

Restaurant Le Castellaras
Chef Hermance Carro Castellaras

Avant d'assumer l'héritage paternel, aujourd'hui en duo avec Quentin son mari au Castellaras à Fayence dans le Var, elle s'est posé des questions. Puis elle a fait son choix. De son propre aveu « pas par dépit mais par passion. »

Elle a grandi dans un univers culinaire qui lui a dicté son destin. Et si, pour son choix de vie professionnelle son frère Rodolphe prônait « tout sauf la restauration », elle a suivi la voie paternelle.

Avec la recul du temps, cette jeune mère de famille d'une petite Célestine qui avance sur ses six ans, situe mieux sa trajectoire et sa passion. « À travers elle, je comprends comment j'ai grandi. Elle veut accueillir les clients et débarrasser les tables. Célestine adore être là et mon père me dit que c'est juste moi ! En fait si l'on vaut être avec ses parents dans un métier tel que le notre, il faut travailler avec eux. C'est monté comme ça et je me sentais bien mieux au restaurant qu'avec la famille à Saint-Raphaël. »

Celle qui fut une télévisuelle « Madame le Chef » s'est pourtant posée la question. Au collège, elle s'est interrogée. « Je me suis dit : que faire de ma vie ? J'étais mordue. Mes parents avaient trouvé deux lycées « normaux » mais, en cachette, je me suis inscrite au Lycée Hôtelier de Nice et je les ai mis devant le fait accompli. »

En 1992, à 15 ans, son choix est donc fait. Elle est heureuse d'apprendre, de peaufiner ses connaissances. Elle se sent bien devant son piano qu'elle n'a quitté qu'en 2007, à son cinquième mois de grossesse. « Cela devenait dangereux et le choix s'est fait par la force des choses. Ensuite, que faire ? Quentin s'est organisé sans moi. Les clients m'ont dit qu'il avait amené une âme de patron au Relais de Seillans où nous étions alors. Je savais faire le service et j'aime recevoir les gens. Tout a donc basculé très naturellement. »

Dans la tête, elle reste pourtant « chef de cuisine », assure les démonstrations et les cours de cuisine et se dit « très complémentaire de son mari Quentin ». Elle dit aussi qu'elle « reste maman avant tout pour ma petite princesse ». Cuisinière et maman donc. Avec les difficultés, parfois, d'être une femme dans un univers essentiellement masculin… même si. « Pendant ma formation, ce n'était pas toujours facile et j'ai été parfois bizutée. Il y a une quinzaine d'années, l'univers culinaire était ouvertement « macho » mais cela s'est estompé. Ces tracasseries rendent plus forte et font avancer plus vite. Désormais, dans 90% des cas, les femmes sont acceptées et même désirée en cuisine. »

Les mots trahissent son bonheur d'assumer l'héritage familial et de travailler avec l'homme de sa vie, recruté un jour par son père Alain pour compléter sa brigade !

« Depuis qu'avec Quentin nous sommes au Castellaras, on revit. J'ai perdu les 25 kg de stress ( !) pris à Seillans même si c'était le rêve de notre vie d'avoir une maison à nous et que je ne regrette pas ce passage. »

Avec la naissance d'un deuxième enfant, elle admet vivre une « vraie nouvelle vie » et s'attache à rendre à son père cette étoile, injustement supprimée selon elle par le Guide Michelin. « On ne sait pas répondre au pourquoi de ce choix mais le plus important c'est que les étoiles soient dans les yeux de nos clients. Nous avons envie de faire de notre maison un lieu paisible où les clients viennent se poser et oublier leurs soucis. Alors si on pense parfois à cette étoile, ce n'est pas obsessionnel. Nous avons un outil de travail exceptionnel et c'est très bien. »

Heureuse on vous dit ! « Nous avons envie de faire du Castellaras un joyau où l'on vient se faire cocooner… »

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