Découvrez en Seine et Marne, la rose de Provins et le brie

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La Seine-et-Marne est une sorte de livre ouvert sur l'histoire de France. On pense immédiatement à Fontainebleau et à son château royal lové en lisière d'une forêt à la fois végétale et minérale.

On pense aussi à Provins, ville inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité en 2001. Ses fortifications médiévales, construites entre 1126 et 1314, longues de 1 200 m et ponctuées de 22 tours de différentes formes, attirent aujourd'hui plus de 200 000 visiteurs par an. Ils viennent aussi vérifier si sont fidèles les descriptions que fait Umberto Eco des souterrains et de la Grange aux Dîmes (maison de marchand du 12e siècle) dans son roman « Au nom de la Rose ».

Mais, si les nourritures de l'esprit sont nécessaires, elles ne sont pas suffisantes. En France tout particulièrement, on en arrive toujours aux nourritures terrestres. Et sur ce plateau briard, tout proche de la champagne, on sait ce que bien vivre veut dire.

Le Château de Fontainebleau et ses jardins

Le Château de Fontainebleau et ses jardins

Depuis que Thibaud IV de Champagne l'a rapportée dans ses bagages au retour de croisade, en 1240, la rose est par exemple devenue l'emblème de Provins. Pas tant pour sa beauté, le rosier provinois est un petit buisson rustique non dénué de charme mais plus proche des plantes sauvages que des plantes de jardin plus apprêtées. Ses vertus sont avant tout médicinales mais aussi gustatives. On trouve de la rose partout à Provins. Dans la confiture de pétales de rose, dans le miel, en bonbons ou en sirop. Son goût suave et puissant en rebute certains tandis que d'autres s'en délectent. Autre spécialité de Provins, les niflettes, petit gâteau feuilleté garni de crème pâtissière, que l'on déguste le 11 novembre où lors de la traditionnelle fête médiévale annuelle.

Tout cela ne sont que des amuse-bouche. La véritable star du coin, c'est le brie. Ou plutôt, les bries. Tout le monde connaît ce fromage à pâte molle à croûte fleurie mais peu savent qu'il en existe une quarantaine de variétés différentes. Presque chaque village a le sien, avec son terroir donnant un goût particulier au lait, avec des tailles distinctes selon les appellations, avec son salage particulier et un affinage qui doit tout au savoir-faire de chaque caviste. Une tradition qui remonte semble-t-il au règne de Charlemagne, qui l'aurait goûté au prieuré de Reuil-en-Brie et dont il serait tombé amoureux. Robert le Pieux, fils d'Hugues Capet, Charles d'Orléans et Henri IV l'appréciaient tout autant. Tout naturellement, en 1815, il est sacré « Prince des fromages et premier des desserts » au Congrès de Vienne. Aujourd'hui, seuls deux bries ont pu décrocher l'AOC, le Brie de Meaux, qui mesure entre 35 et 37 cm, légèrement salé, et le Brie de Melun, plus petit, d'un diamètre de 27 à 28 cm, et plus acide. Le Coulommiers fait lui aussi partie des bries. Encore plus petit, on le reconnaît à la paille jaune sur laquelle il est présenté.

Le pont de fer sur la Marne à la Ferté-sous-Jouarre

Le pont de fer sur la Marne à la Ferté-sous-Jouarre

De passage dans la région, pour une escapade gourmande, descendez à l'Hostellerie Aux Vieux Remparts (3*), en plein cœur de la Cité médiévale de Provins. À la Ferté-sous-Jouarre, choisissez le Château des Bondons (4*), qui dispose d'un restaurant gastronomique dirigé par Pascal Martin, ancien de chez Bernard Loiseau, et d'un parc paysagé de 7 hectares, ou au Caravaning (4*), qui autorise tous les types de mobil homes. Enfin, à Ferrières-en-Brie, faites une halte au Paxton Résidence Hôtel, crée dans l'esprit des plus beaux clubs parisiens, avec un bowling, des tables de billard et une piscine intérieure.

Sur le chemin du retour, en passant par le Val-de-Marne, faites une halte gourmande à Chennevières-sur-Marne, au restaurant l'Ecu de France, bâti en 1717. Foie gras de canard en tartare de Bonite, bouillon de homard bleuet, soupe de fraise gariguette et son sorbet bière, sont quelques-unes des créations du Chef Christophe Poard, cuisinier de l'année du Gault et Millau en 2005.

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