Cabotage gourmand sur la Côte Fleurie

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Curieusement, le nom de Côte Fleurie ne fait pas tant référence à la côte qui s'étend le long de la Manche, entre l'embouchure de la Seine et de l'Orne, qu'à l'arrière-pays normand et à sa verte campagne (certaines mauvaises langues diront grâce à la pluie), à ses pommiers en… fleur. Les stations balnéaires qui jalonnent cette bande de littoral jouent malgré tout le jeu en cultivant leurs jardins avec soin. Honfleur, Villerville, Trouville, Deauville, Villers-sur-Mer, Houlgate et Cabourg sont autant de cités de bord de mer où il fait bon flâner et se reposer.

Plateau de fruits de mer

Plateau de fruits de mer

Mais bon sang de Normand ne sachant mentir, on ne s'y adonne pas uniquement aux délices du farniente, on y mange aussi. La Normandie n'est pas pour rien la première région agricole pour quelques produits « de base » tels le beurre, les fromages frais et à pâte molle, les pommes à cidre, mais aussi les poireaux et les navets. La cuisine au beurre, immortalisée dans le film du même nom réalisé par Gilles Grangier en 1963 et où Bourvil affrontait Fernandel dans un restaurant baptisé La Sole Normande mais basé à… Marseille, n'est pas un vain concept. Il ne faudrait pour autant pas croire que la gastronomie normande ne serait que grasse et un peu fruste. De nombreux chefs talentueux prouvent chaque jour le contraire. C'est notamment vrai le long de cette Côte Fleurie particulièrement inspirante.

Au Château d'Audrieu (4*), par exemple, Olivier Barbarin fait des merveilles avec les produits d'un terroir exceptionnel. Cet ancien élève de chefs prestigieux, Pierre Orsi, Jean-Claude Leclerc, Michel Hulin, Jean-André Charial et Olivier Brulard, travaille notamment avec Dominique Barthélémy, pêcheur à Asnelles, et Patrick Jeanne, mareyeur à Port-en-Bessin. Le Guide Michelin, qui lui a attribué une étoile, résume bien son identité culinaire : « une cuisine bien maîtrisée qui met en valeur de très beaux produits avec créativité et finesse ». Dans le droit fil, rêvons un peu, du sieur de Percy, premier seigneur des lieux, et dont la légende raconte qu'il fut le cuisiner personnel de Guillaume le Conquérant. La cuisine d'Olivier Barbarin est en tout cas bien mise en valeur dans le cadre somptueux de ce château du 18e siècle.

À Cabourg, c'est au Poisson d'Argent, restaurant panoramique de l'Hôtel les Bains de Cabourg (4*), que la gastronomie normande trouve une expression originale. Arnaud Boinet y magnifie les produits en provenance directe des marchés locaux et de fournisseurs régionaux rigoureusement sélectionnés. Ce chef breton travaille notamment les poissons de la Baie de Seine, comme la sole ou le turbot, en privilégiant des modes de cuisson doux ou la plancha. On y mange sans crainte puisqu'on peut profiter, au cours de son séjour, de l'espace Hydrothérapie et Spa de l'hôtel, ainsi que de son espace marin.

Gommage

Gommage

Autre histoire de gourmandise, celle de l'Art du Recevoir. Tout a commencé par une rencontre, celle de deux gourmands et gourmets passionnés de gastronomie, Isabelle et Eric Piquenet, qui ont créé en 2002, un premier restaurant, la Digue de Villers, à Villers-sur-Mer. Un second restaurant, le Grand Manège, à Villers-sur-Mer, un traiteur, la Digue Réceptions, à Saint-Arnoult, et une salle de réception, le Prieuré, à Saint-André d'Herbelot, ont depuis vu le jour.

Pour terminer cette escapade, en remontant vers l'embouchure de la Seine, on fera une petite infidélité à la Côte Fleurie en s'arrêtant à l'hôtel Riva Bella (4*), à Ouistreham, sur la Côte de Nacre, face à la mer et doté d'un centre de thalassothérapie. Entièrement rénové début 2011, l'établissement se caractérise par sa décoration aux tons clairs, aux lignes simples et épurées. Les Normands aiment la discrétion.

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